UFC-QUE CHOISIR DE LA SARTHE

Etiquetage code couleur

Étiquetage nutritionnel : le Nutri-Score soutenu par l’UFC-Que Choisir

L’UFC-Que Choisir s’est fortement impliquée, depuis plusieurs années, dans le combat tendant à garantir une plus grande transparence pour les consommateurs, notamment lorsqu’il s’agit de ce qu’ils mettent dans leur assiette. Dans ce cadre, l’association a obtenu, malgré un intense lobby contraire de l’industrie agro-alimentaire, l’adoption du logo Nutri-Score, seul étiquetage nutritionnel simplifié adapté aux attentes des consommateurs, comme modèle officiel français. Mais à ce jour, compte tenu de la législation européenne, les fabricants n’ont pas encore l’obligation de l’apposer sur leurs produits. C’est la raison pour laquelle l’UFC-Que Choisir, avec ses homologues européens, lance une initiative citoyenne européenne/pétition pour mettre la pression sur la Commission européenne afin d’imposer l’affichage du Nutri-Score sur tous les produits alimentaires, partout en Europe. SOMMAIRE

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L’ÉTIQUETAGE NUTRITIONNEL, UNE NÉCESSAIRE TRANSPARENCE POUR LES CONSOMMATEURS

Qu’est-ce que l’étiquetage nutritionnel ?

L’étiquetage nutritionnel a pour objectif d’informer le consommateur sur la qualité nutritionnelle d’un produit. Il s’agit d’informations relatives à la composition des produits alimentaires et à leur valeur nutritionnelle destinées à permettre au consommateur de satisfaire ses besoins nutritionnels en fonction de son état de santé, de ses envies, de son âge ou encore pour correspondre à un régime spécifique.

Pourquoi faut-il un étiquetage nutritionnel simplifié ?

Face à la technicité et à la complexité de certains termes inscrits sur les étiquettes, mais aussi à la difficulté d’effectuer des calculs quant aux célèbres « apports caloriques journaliers », les consommateurs ne disposent pas des clés nécessaires pour interpréter rapidement et simplement l’intérêt nutritionnel d’un produit.


C’est la raison pour laquelle l’UFC-Que Choisir a plaidé dès 2014 pour la mise en place d’un étiquetage universel et lisible par tous. Le choix d’un étiquetage simplifié constitue un moyen :
–    d’harmoniser l’information sur tous les produits alimentaires ;
–    de proposer un repère rapide et efficace permettant aux consommateurs de mieux choisir ;
–    de donner aux consommateurs la possibilité de ne pas se laisser berner par les stratégies marketing et les allégations fantaisistes.

>> Découvrez le spot promotionnel sur le Nutri-Score réalisé par l’UFC-Que Choisir : https://youtu.be/9-7VCflOyjk

L’obligation pour les industriels d’adopter et d’afficher un étiquetage nutritionnel est aussi une façon de les obliger à plus de transparence et de qualité. En effet, les consommateurs pourront alors privilégier les produits dont l’apport nutritionnel sera le plus adapté à leurs attentes et peser ainsi, par leur choix d’achat, sur le marché et l’offre qui leur est présentée.

LE NUTRI-SCORE, LE MODÈLE D’ÉTIQUETAGE NUTRITIONNEL LE MIEUX ADAPTÉ AUX CONSOMMATEURS

Le Nutri-Score est un système d’étiquetage nutritionnel proposé fin 2013 par Serge Hercberg, président du Programme national nutrition santé (PNNS) ; il a finalement été adopté en France, après une intense mobilisation de l’UFC-Que Choisir, comme le seul référentiel possible pour les produits alimentaires. Compte tenu de la réglementation européenne, le Nutri-Score est certes le modèle officiel français, mais seulement sur la base du volontariat. Son utilisation repose pour l’instant sur le seul bon vouloir des fabricants et des industriels.
Santé publique France, l’agence nationale de santé publique, l’a présenté dans la vidéo « le dispositif Nutri-Score – infographie pédagogique » ci-dessous.

>> Découvrez la vidéo officielle de présentation du Nutri-Score : https://youtu.be/D9rFCgZa9zs

Comment fonctionne le Nutri-Score ?

Le Nutri-Score repose sur un système de 5 notes en couleur allant de A (meilleure note, en vert) à E (moins bonne note, en rouge).

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Cette double lecture permet un accès aux informations essentielles en un clin d’œil. Ainsi, même à distance, ou en faisant ses courses en ligne, le consommateur peut identifier la valeur nutritionnelle d’un produit, sans avoir à en lire la composition à l’arrière de l’emballage. Le système a aussi été pensé pour demeurer compréhensible pour les personnes daltoniennes ou ayant du mal à distinguer les petites lettres.

Une pétition pour obtenir la généralisation du Nutri-Score

Évidemment, le Nutri-Score ne soulève pas l’enthousiasme de bon nombre d’industriels de l’agroalimentaire, notamment ceux fabriquant les produits les plus susceptibles de récolter des scores D ou E. Ils se sont donc mobilisés de différentes façons pour empêcher son adoption.


En mai 2019, le Nutri-Score, système facultatif, n’est affiché que sur 30 % des produits alimentaires. L’UFC-Que Choisir et 6 autres associations de consommateurs européennes ont donc lancé le 20 mai 2019 une initiative citoyenne européenne, sorte de pétition prévue par les textes européens, pour imposer l’étiquetage Nutri-Score sur l’ensemble du territoire européen via le site www.pronutriscore.org.

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Objectif : recueillir un million de signatures pour que la Commission européenne examine et se prononce sur la proposition d’imposer l’affichage du Nutri-Score sur les produits alimentaires au sein de l’Union européenne.Une pétition d’initiative citoyenne, c’est quoi ?
L’initiative citoyenne européenne (ICE) est un instrument de démocratie participative qui permet aux citoyens de proposer des changements juridiques. Il offre un droit d’initiative politique à un rassemblement d’au moins 1 million de citoyens de l’Union européenne (UE), venant d’au moins un quart des pays membres. Une telle initiative permet à des citoyens de différents États membres de se rassembler autour d’un sujet qui leur tient particulièrement à cœur, en vue d’influencer l’élaboration des politiques de l’UE.

Les principales étapes qui ont abouti à l’adoption du Nutri-Score

L’obtention d’un étiquetage nutritionnel fiable et indépendant est un combat mené par notre association depuis 2014. À cette époque, l’UFC-Que Choisir s’est associée à une pétition lancée pour obliger les industriels à apposer un logo compréhensible par tous sur les emballages des produits alimentaires.


Puis, en 2015, l’UFC-Que Choisir s’est penchée sur la question d’un étiquetage nutritionnel simplifié et a entrepris ses premiers tests. Plus de 300 produits ont été soumis au code couleur proposé par le PNNS pour résumer la qualité nutritionnelle des produits. L’UFC-Que Choisir a ainsi mis à la disposition du public un calculateur basé sur ce système d’étiquetage, malgré la résistance des grandes surfaces. La ministre de la Santé, Marisol Touraine, s’est prononcée en faveur d’un système qui deviendrait l’unique référence en matière d’étiquetage nutritionnel. Durant la discussion de la loi Santé, la ministre a cité les tests de l’UFC-Que Choisir pour souligner que le Nutri-Score était un système lisible et compréhensible permettant de lutter contre certaines idées reçues. La loi Santé prévoyait l’adoption d’un modèle officiel d’étiquetage nutritionnel simplifié, avec un système coloriel.
Il a cependant fallu attendre 2016 pour que le gouvernement expérimente cet étiquetage nutritionnel simplifié. Si le modèle Nutri-Score s’est imposé, 4 systèmes visuels ont été mis en concurrence et testés en septembre 2016. En effet, une évaluation grandeur nature a mobilisé durant 10 semaines pas moins de 40 magasins pour tester ces différents dispositifs.


La France a adopté le Nutri-Score par arrêté ministériel, le 31 octobre 2017, en tant qu’affichage nutritionnel officiel. Le bureau européen de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est félicité de cette initiative, et a salué le fait que « la France a très largement fondé sa décision sur les données probantes disponibles à ce sujet ».


L’UFC-Que Choisir et 25 autres organisations signataires ont dès lors soutenu l’élargissement de l’utilisation du Nutri-Score à l’échelle européenne tout en dénonçant les tentatives de brouillage exercées par les grandes multinationales (The Coca-Cola Company, Nestlé, PepsiCo, Mondelēz, etc.).
En décembre 2017, l’UFC-Que Choisir a appelé les citoyens européens à signer la pétition « Oui au Nutri-Score sur nos aliments, non au brouillage de certains industriels ».


L’Espagne nous a emboîté le pas et a adopté le Nutri-Score comme système officiel le 12 novembre 2018.

Début avril 2019, la Belgique à son tour a reconnu le Nutri-Score comme système officiel.

En mai 2019, l’UFC-Que Choisir a lancé, avec 6 autres associations européennes, l’initiative citoyenne européenne « Pronutriscore.org » pour rendre obligatoire le Nutri-Score en Europe. Plusieurs ONG et sociétés savantes ainsi que le professeur Serge Hercberg, père fondateur du Nutri-Score, soutiennent la démarche. Vous aussi, mobilisez-vous  !Les consommateurs soutiennent le Nutri-Score
Le 9 mai 2019, l’UFC-Que Choisir publiait les résultats de son enquête exclusive sur les préoccupations et attentes consuméristes des Français pour l’Europe de demain (15 352 répondants).

88 % des répondants sont favorables à rendre le Nutri-Score obligatoire à l’échelon européen.

Parmi les 9 thématiques consuméristes proposées, les répondants mettent clairement en avant – et de loin – la lutte contre les substances chimiques indésirables (87 %) suivie de la sécurité alimentaire (75 %). Le développement durable et le climat sont sur la troisième marche du podium des priorités (70 %). Au-delà des secteurs prioritaires, les répondants ont plébiscité des propositions concrètes, notamment le caractère obligatoire du Nutri-Score.

Le BEUC soutient le Nutri-Score

Le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) soutient officiellement la pétition d’initiative citoyenne depuis mai 2019, et précise dans son communiqué de presse appelant à voter en faveur du Nutri-Score que ce projet d’étiquetage nutritionnel, coordonné par l’UFC-Que Choisir, rassemble pour la première fois 7 organisations de défense du consommateur européennes.
Le BEUC a considéré l’obligation d’un étiquetage nutritionnel simplifié comme une priorité lors des élections européennes de mai 2019.

LES STRATÉGIES SANS SCRUPULES DU MARKETING AGROALIMENTAIRE

Les industriels tentent de freiner l’obtention d’un étiquetage nutritionnel efficace

La résistance des industriels a été forte. Dès 2016, 6 géants de l’agroalimentaire (Nestlé, Mars, Unilever, Mondelēz International, The Coca-Cola Company et PepsiCo) se sont organisés pour contrer les affichages nutritionnels en Europe comme en France et imposer leur propre logo, l’Evolved Nutrition Labelling (ENL). Que Choisir a obtenu des documents dévoilant la manière dont ces industriels complotaient, détaillant le fonctionnement de leur « coalition », leurs réunions secrètes et le partage de l’Europe décidé entre les groupes.


En 2017, alors que le gouvernement officialisait le choix du Nutri-Score comme logo nutritionnel officiel, la fédération des produits de l’épicerie invitait ses adhérents à adopter un autre logo, pourtant débouté par le gouvernement, moins sévère envers les produits gras et sucrés. Cette riposte montre que la guerre des étiquetages n’est pas finie. En parallèle, les campagnes de désinformation sur les réseaux sociaux font rage.


Une lutte silencieuse oppose aussi l’industrie agroalimentaire aux institutions de santé. En effet, face à la progression de l’obésité et des pathologies liées à une mauvaise alimentation (diabète, maladies cardiovasculaires, hypertension, certains cancers…), l’UFC-Que Choisir a bien souvent appelé l’État à agir. Mais ce dernier reste trop souvent tétanisé par le poids économique de la filière, au détriment de la santé des consommateurs. Ainsi, la mise en place de repères nutritionnels clairs et la lutte contre l’obésité ou l’addiction à l’alcool sont, elles, entravées.


De même, toutes les tentatives d’interdiction de la publicité pour des aliments de mauvaise qualité ciblant les enfants ont été mises en échec.

Un cadre juridique qui progresse lentement

Malgré le vote de la loi anti-malbouffe à l’Assemblée nationale le 21 février 2019 (texte toujours en discussion au Parlement), qui a permis aux élus de débattre de la nécessité d’encadrer la publicité alimentaire à destination des enfants et des adolescents, la régulation les concernant reste vague et superficielle. La mesure votée à l’Assemblée (mise en place du Nutri-Score dans les publicités) est une avancée en trompe-l’œil. En effet, comme nous l’avons dénoncé, il reste une possibilité pour les grands groupes de déroger à la règle « sous réserve du versement d’une contribution dont le produit est affecté à l’Agence nationale de santé publique (Santé publique France) ».


Le professeur Serge Hercberg, président du PNNS et père du Nutri-Score, salue « une avancée de santé publique, même s’il eût été préférable d’aller plus loin en privant de publicité les produits les moins bien positionnés sur l’échelle du Nutri-Score. Mais au travers de cet amendement, on progresse tout de même dans l’information des consommateurs et on pousse les industriels à réfléchir à la reformulation de leurs produits ». L’interdiction de la publicité pour les produits déséquilibrés à destination des enfants est également une position historique de l’UFC-Que Choisir.

Quand Disney propose son propre logo nutritionnel… ni légitime, ni désintéressé

C’est en février 2019, à l’occasion du Salon de l’agriculture de Paris, qu’une pastille de couleur verte a fait son apparition sur les produits estampillés Disney Cuisine. Accompagnant les héros du groupe Disney sur les emballages de produits tels que fromages, boîtes de céréales, compotes, etc., ce programme « Tous en forme » est censé désigner des produits alimentaires sains que les parents peuvent acheter en toute confiance pour leurs enfants, sur des produits de Yoplait, Savencia ou encore Kellogg’s. Il s’agit pourtant d’un partenariat commercial avec des industries de l’alimentaire, et non d’un programme reconnu et validé par les instances de santé publique.
Aucune étude scientifique ne venant justifier l’apposition de ce logo sur les produits, l’UFC-Que Choisir met les consommateurs en garde contre cette pratique qui, associant les héros aux emballages, en fait des produits ludiques et extrêmement attirants aux yeux des enfants.

Des allégations santé douteuses et des slogans racoleurs

Du chocolat Kinder « qui aide à grandir » aux compléments alimentaires qui « favorisent des seins plus fermes et volumineux », les marques auront tout tenté pour vendre leurs produits sur fond d’allégations santé plus ou moins fantaisistes. Dès 2014, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Aese) retoquait 88 % des allégations étudiées (plus de 44 000 dossiers lui étaient parvenus de toute l’Europe). Seulement les fabricants ont plus d’un tour dans leur sac et ils ne se laissent pas abattre, comme le prouvent ces exemples d’affichage.

Allégations santé
Soja anticholestérol, ­édulcorants amincissants, vertus drainantes… les allégations non fondées ­devront disparaître.

Preuve est faite de la dangerosité de ces allégations santé avec le cas des margarines et yaourts anticholestérol. Dans un article basé sur une étude de  l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) que nous avons publié le 25 juin 2014, nous mettions en garde le consommateur contre les risques non évalués des produits estampillés « anticholestérol » : ils n’auraient, d’après le rapport, aucune vertu pour lutter contre le « mauvais » cholestérol pour près d’un tiers des consommateurs, aucun effet démontré vis-à-vis des maladies cardiovasculaires et, pour couronner le tout, ils présenteraient des risques non évalués.


Le danger de ces allégations : développer des risques de maladie en pensant limiter ceux d’une autre. Il en va de même pour les produits vendus comme des « alicaments ». Un article concernant le yaourt Essensis de Danone, démontrant qu’aucun de ses effets sur la peau n’était effectif, pousse à la remise en question de l’efficacité de ces « alicaments ».Des outils pour décrypter les étiquetages
L’UFC-Que Choisir met à votre disposition deux outils gratuits :
•    la sémantique, glossaire nutritionnel  : de « A » comme acides gras à « V » comme valeur énergétique, tous les mots clés de l’étiquetage nutritionnel sont expliqués et décryptés ;
•    le guide pratique de l’étiquetage.

Article publié sur quechoisir.org le 2.09.2019

14 septembre 2019

Aux professionnels de respecter le « Nutri-score »

La signature, le 31 octobre, au Ministère de la Santé, de l’arrêté reconnaissant le « Nutri-score » comme le seul modèle officiel d’étiquetage nutritionnel simplifié intervient une semaine après le feu vert accordé par la Commission européenne. L’UFC-Que Choisir se félicite de cette avancée significative dans l’information des consommateurs et appelle maintenant les fabricants et distributeurs à adopter sans délai ce modèle. Avec la signature de cet arrêté, c’est la possibilité pour le consommateur de voir enfin arriver sur les emballages des produits alimentaires, une indication simple et éclairante sur la qualité nutritionnelle de l’alimentation industrielle.

Un combat décennal enfin couronné 

L’UFC-Que Choisir s’est mobilisée depuis plus d’une décennie pour réclamer auprès des pouvoirs publics un étiquetage nutritionnel intelligible par tous les consommateurs, et pas les seuls spécialistes, avec notamment le lancement en 2014 d’une pétition au côté de 31 sociétés savantes, puis la publication un an plus tard d’un test sur 300 aliments illustrant la pertinence de ce type d’étiquetage.

Une reconnaissance officielle française et communautaire  

Le feu vert donné fin octobre par la Commission européenne suivi de la signature officielle de l’arrêté par Agnès BUZYN, Stéphane TRAVERT et Benjamin GRIVEAUX font mentir ceux, qui, espérant un échec du « Nutri-score », proclamaient son incompatibilité avec la réglementation européenne.

Gare aux manœuvres de diversion ! 

A rebours de ces avancées, certains professionnels s’obstinent encore à maintenir des étiquetages obsolètes (Mc Donald’s, Quick). Pire, d’autres s’efforcent de développer un modèle en parallèle particulièrement complexe ou basé sur des tailles de portions irréalistes (Coca-cola, Nestlé, Mars, Mondelez, Pepsico et Unilever), initiative visant clairement à jeter le trouble dans l’esprit des consommateurs et contrecarrer l’appropriation du « Nutri-score » par le plus grand nombre. L’opacité de l’offre des produits industriels rend particulièrement ardue la réalisation de l’équilibre nutritionnel au quotidien.

Le « Nutri-score » permet aux consommateurs de redevenir pleinement acteurs de leurs choix. Cet outil constitue, en outre, une véritable incitation pour les professionnels à améliorer leurs recettes.

C’est dans ce double objectif d’information des consommateurs et d’amélioration des produits que l’UFC-Que Choisir :

  • appelle fabricants et distributeurs à adopter sans délai le « Nutri-score » en l’apposant sur leurs produits, à l’instar des engagements déjà pris par Auchan, Fleury-Michon, Intermarché, et Leclerc en mai 2017 ;
  • invite, dans cette attente, les consommateurs à consulter gratuitement son test sur 300 produits et à utiliser son calculateur nutritionnel basé sur le « Nutri-score », disponible sur le site quechoisir.org.

CP UFC-Que Choisir

 

 

13 décembre 2017

Etiquetage nutritionnel : un intérêt informatif qui n’est plus à prouver !

Plus d’un an après l’adoption de son principe dans la Loi de Santé publique, le modèle officiel d’étiquetage nutritionnel simplifié se fait toujours cruellement attendre. Déterminée à obtenir rapidement cette avancée informative cruciale, et refusant que l’avis de l’ANSES rendu ce jour soit instrumentalisé, l’UFC-Que Choisir presse le Ministère de la Santé publique d’accélérer le calendrier.

En effet, l’avis de l’ANSES rendu ce jour, à la demande du gouvernement sur la seule pertinence « au regard des enjeux de santé publique », souligne qu’il existe « un niveau de preuve insuffisant pour démontrer leur pertinence au regard des enjeux de santé publique ». Loin d’être une découverte, cet avis ne fait que confirmer que s’agissant d’affections de longue durée et aux origines multiples, il n’existe évidemment aucune étude disponible sur les effets potentiels de ces étiquetages. A l’exception du tout récent dispositif australien,  aucun des systèmes analysés n’a déjà été mis en œuvre. Plus généralement, l’Agence rappelle que la seule information nutritionnelle ne saurait à elle seule résoudre les maladies liées à l’alimentation, ce que l’UFC-Que Choisir souligne également depuis plus de 10 ans.

Compte tenu du périmètre de la saisine, l’ANSES ne se prononce bien évidemment pas sur l’efficacité des modèles d’étiquetages en termes d’information des consommateurs. Pourtant, c’est bien l’objet premier du futur étiquetage officiel français d’aider les consommateurs au quotidien à identifier simplement et rapidement l’intérêt nutritionnel des produits. Or sur ce point, les études démontrant la pertinence des dispositifs de couleur sont légion. Les études de l’INRA(1), l’avis du Haut Conseil de la Santé Publique, ou encore le test de l’UFC-Que Choisir(2) , ont ainsi démontré qu’en un clin d’oeil ces étiquetages permettent d’apprécier la qualité nutritionnelle d’un aliment, de le situer par rapport à ses concurrents ou encore de déjouer les techniques du marketing usant d’arguments faussement nutritionnels. L’ANSES elle-même avait déjà validé scientifiquement en 2015 et 2016, les classements des aliments opérés par les deux modèles coloriels, qui se révèlent conformes aux recommandations nutritionnelles du PNNS. Plus de 250 000 consommateurs ont d’ailleurs réclamé l’étiquetage nutritionnel 5C via une pétition en ligne.

Alors que les propositions isolées se multiplient, tel le nouveau modèle de Leclerc, risquant d’augmenter encore la cacophonie nutritionnelle, il est urgent que le gouvernement se positionne rapidement sur le modèle officiel retenu. Déterminée à concrétiser l’avancée que constitue un étiquetage nutritionnel compréhensible basé sur un code de couleurs, et ce avant la fin de la mandature, l’UFC-Que Choisir demande au Ministère de la Santé de définir en urgence le modèle officiel français.

CP UFC-Que Choisir Publié le 15 février 2017

(1)Etude sur l’influence de divers systèmes d’étiquetage nutritionnel sur la composition du panier d’achat alimentaire –  Ruffieux, Muller – INRA 2011

(2)‘Etiquetage nutritionnel simplifié, un antidote simple et efficace contre le marketing alimentaire’ – UFC-Que Choisir février 2015

15 février 2017

Loi Santé : les principales mesures

Combattue par les médecins en raison, entre autres, de la généralisation du tiers payant, la loi santé portée par la ministre de la santé Marisol Touraine a été définitivement approuvée, après plus d’un an de débats.

Décryptage des principales mesures

Tiers payant chez le médecin
À partir du 31 décembre 2016, les médecins devront appliquer le tiers payant à leurs patients pris en charge à 100 % par l’assurance maladie, c’est-à-dire ceux qui sont en affection de longue durée (ALD) et les femmes enceintes à partir du 6e mois de grossesse. Les autres assurés sociaux attendront le 30 novembre 2017 pour profiter de la dispense d’avance de frais, y compris sur la part complémentaire s’ils bénéficient d’une complémentaire santé. Reste à savoir comment seront récupérées les franchises de 1 € sur chaque consultation.

Action de groupe en santé
Elle est instaurée en vue de réparer les dommages corporels subis par les usagers du système de santé. L’action de groupe en santé passera nécessairement par une association agréée.

Dossier médical personnel
Promis depuis la réforme de l’Assurance maladie de 2004, le dossier médical personnel n’en finit pas de ne pas aboutir. Il devrait être développé sous la houlette de l’assurance maladie. Le médecin traitant aura accès à toutes les informations qu’il contient, le patient aussi, qui aura la possibilité de masquer des données, de s’opposer à ce qu’un professionnel de santé consulte son dossier et de savoir qui a consulté son dossier.

Médecin de garde
Un numéro national sera mis en place.

Tabagisme
À partir du 20 mai 2016, les paquets de cigarettes seront neutres et uniformes.
Il sera interdit de fumer dans une voiture en présence d’enfants de moins de 18 ans.
Après décret, il sera interdit de vapoter des cigarettes électroniques dans les établissements scolaires, les transports publics fermés et les lieux de travail à usage collectif.

Alcoolisme
Les parlementaires ont en grande partie défait la loi Evin qui limitait déjà à peine la publicité en faveur de l’alcool. La loi élargit les possibilités de communiquer autour du terroir, du tourisme, d’une zone de production, etc.

Nutrition
Le principe d’un étiquetage nutritionnel simplifié enfin compréhensible par tous les consommateurs est confirmé, mais il sera facultatif. Son format précis reste à définir sous la houlette du ministère de la Santé et de l’Agence de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses). À ces autorités reconnues, le Sénat avait cru bon d’ajouter le Conseil national de l’alimentation. Ce dernier étant composé massivement d’industriels du secteur, arc-boutés contre tout système qui permettrait aux consommateurs d’identifier la mauvaise qualité nutritionnelle de certains aliments. L’Assemblée nationale n’a heureusement pas conservé cette instance. Dans l’attente de la définition du modèle officiel, vous pouvez tester le calculateur simplifié récemment mis en place par l’UFC-Que Choisir.

Droit à l’oubli
Des délais au-delà desquels les assureurs ne peuvent plus collecter d’informations sur les pathologies cancéreuses sont fixés : 10 ans après la fin du traitement pour les adultes, 5 ans pour les enfants. Le cumul d’une surprime et d’une exclusion de garanties est interdit : les assureurs ne pourront plus faire payer plus cher pour un risque qu’ils n’assurent pas.

Liens d’intérêt des professionnels de santé
L’obligation pour les professionnels de santé de déclarer leurs liens financiers avec l’industrie de la santé s’étend : elle vaudra aussi quand ils s’exprimeront sur Internet, quand ils écriront un livre ou quand ils donneront un cours à la faculté.

Autre avancée de taille : les firmes pharmaceutiques devront déclarer sur un site Internet unique le montant et l’objet des prestations fournies par les professionnels de santé contre rémunération, par exemple pour un discours lors d’un congrès. Jusqu’alors, la transparence ne s’appliquait qu’aux « cadeaux » – repas, notamment – qui ne représentent pas le plus gros des liens financiers des professionnels de santé avec les laboratoires.

Bisphénol A
Il était question d’interdire le bisphénol A dans les jouets et hochets, mais la loi se contente de prévoir la remise d’un rapport sur les effets du BPA non chauffé.

Sport
Les médecins pourront prescrire de l’activité physique à leurs patients en affection de longue durée (diabète, maladies cardiovasculaires, etc.). Les modalités de prescription seront précisées par décret.

Optique
Les opticiens auront la possibilité d’adapter les prescriptions de lentilles de contact.

Ouverture des données publiques de santé (open data)
La loi institue le principe de l’ouverture des données publiques de santé, pour mieux connaître la performance du système et l’apparition de nouveaux services au bénéfice des usagers. Les données à caractère personnel ne sont pas concernées par cette ouverture, et resteront entièrement confidentielles.

Retrouvez cet article sur quechoisir.org

Source Que Choisir – 17.12.2015

3 février 2016

Etiquetage nutritionnel simplifié : un antidote fiable, simple et efficace contre le marketing alimentaire

Alors que le développement préoccupant en France du surpoids, de l’obésité, du diabète et des maladies
cardiovasculaires, trouve notamment son origine dans une alimentation trop riche en sucres, en graisses
saturées et en sel, il est crucial d’avancer sur une meilleure information des consommateurs quant à la
qualité nutritionnelle des produits alimentaires.

code coloriel

Le système d’étiquetage nutritionnelle simplifié, pourrait s’il est adopté, permettre aux consommateurs d’être informés de façon simple sur la qualité nutritionnelle des produits.

Ce dispositif coloriel est un système d’étiquetage volontaire comportant cinq couleurs allant du vert au rouge selon les caractéristiques nutritionnelles de l’aliment (calories, graisses saturées, sucres, sel …).

Dans la perspective du projet de Loi de Santé Publique qui pose le principe d’un étiquetage nutritionnel simplifié sans en définir les modalités, l’UFC-Que Choisir rend publics dans son mensuel n° 534, de mars 2015, et sur le site quechoisir.org, les résultats plus que probants de son test exclusif du modèle coloriel proposé dans le cadre de la Stratégie Nationale de Santé.

Forte de cette analyse, elle demande aux Parlementaires de consacrer ce dispositif au sein de la Loi.

Actuellement, choisir un produit alimentaire pour sa qualité nutritionnelle demande de gros efforts de recherche, de la concentration, une bonne vue… pour trouver parmi la foule d’ « informations » données sur l’emballage, celles qui seront pertinentes et même une fois trouvées, ce ne sera sans doute pas suffisant pour comparer deux produits entre eux.

Un outil informatif et éducatif réellement au service des consommateurs :

Outil informatif

Les tests de l’UFC-Que Choisir le montrent : alors que les recommandations officielles de ne pas manger trop gras, trop salé ou trop sucré sont en réalité souvent complexes à mettre en œuvre, elles deviennent enfin à portée de main grâce à cet étiquetage qui, à rebours des idées reçues, décerne des pastilles vertes à de nombreux plats préparés tels que le ‘Cassoulet mitonné’ de ‘Williams Saurin’ ou le ‘Petit salé aux lentilles’ de ‘Fleury Michon’. A l’inverse, on pourra limiter les occasions de consommation de la barre céréalière ‘ Frosties’ écopant du rouge, comme le ‘Brownie chocolat pépites’ de ‘Brossard’ pour préférer par exemple les ‘Muffins recette anglaise’ de chez ‘ Carrefour’ qui, même avec de la confiture, arborent un macaron jaune tout à fait recommandable dans le cadre d’une consommation quotidienne.

La démonstration étant faite de l’efficacité de ce système pour identifier l’intérêt nutritionnel des aliments et plus généralement pour construire, en pleine connaissance de cause, une alimentation équilibrée au quotidien, l’UFC-Que Choisir demande , en conséquence, qu’il devienne par la Loi le modèle officiel d’étiquetage simplifié.

Et vous qu’en pensez-vous ?

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Retrouvez l’étude et les propositions de l’UFC-Que Choisir sur ce thème sur le site quechoisir.org

Evelyne Gaubert, Présidente de l’UFC-Que Choisir de la Sarthe

 

25 février 2015

Pétition pour un étiquetage simplifié

Le règlement européen « information des Consommateurs » (Règlement INCO), redéfinit les obligations d’étiquetage des emballages alimentaires : liste des ingrédients, caractéristiques nutritionnelles *

Dans un contexte de développement des maladies liées à l’alimentation (maladies cardiovasculaires, surpoids, voire obésité et diabète), l’étiquetage nutritionnel devrait constituer une source d’information majeure pour les consommateurs (quantité de gras, sucré et salé).  Dans la pratique, cette information est la moins lue par les consommateurs, loin derrière le prix, la date limite, le poids ou les conditions d’utilisation.

Le caractère facultatif de cet étiquetage est un premier obstacle à une utilisation régulière par les consommateurs. De fait, les estimations fournies par l’ANIA (Association Nationale des Industries Alimentaires) montrent que dans certaines familles de produits alimentaires, l’étiquetage nutritionnel n’est présent que sur 30% des produits, empêchant ainsi les consommateurs de comparer. De plus, 82 % des consommateurs sont dans l’impossibilité d’interpréter correctement cette information, du fait de la complexité de la réglementation actuelle.

Dans ce contexte, l’UFC-Que Choisir demande :

  • Ÿ un étiquetage nutritionnel simplifié obligatoire et de format unique pour tous les produits préemballés ;
  • Ÿ une présentation facilement compréhensible et contribuant à la construction de l’équilibre alimentaire.

Une des mesures proposées par le rapport Hercberg, remis à la ministre de la santé en janvier dernier, préconise la mise en place d’une échelle nutritionnelle simple, intuitive et compréhensible par tous sur la face avant des emballages des aliments. Cette échelle est basée sur un score de qualité nutritionnelle prenant en compte les calories, les sucres simples, les graisses saturées, le sel, les fibres et les protéines.

Ce score doit permettre de classer facilement les aliments en 5 catégories sous la forme d’une échelle colorielle afin de lui assurer une plus grande lisibilité.

L’UFC Que Choisir estime que la mesure proposée permettra au consommateur de mettre en pratique la recommandation de « ne pas manger trop gras, trop sucré, trop salé ». Il pourra ainsi comparer la qualité nutritionnelle des différents aliments entre eux, ou à l’intérieur d’une même famille d’aliments voire entre des aliments du même type mais de marques différentes.

Cette mesure aura aussi un intérêt incitatif pour les industriels afin de les encourager à améliorer la composition de leurs produits pour changer de classe et ainsi valoriser leurs efforts au travers d’un positionnement plus favorable sur l’échelle nutritionnelle visible par les consommateurs.

Cette proposition n’est pas encore retenue : les lobbies de l’agro-alimentaire sont à la manœuvre.

La  vidéo en ligne sur le site Quechoisir.org vous permettra de mieux comprendre ce que changerait le nouvel étiquetage.

A regarder également cette vidéo qui répondra à toutes les questions que vous pouvez vous posez sur le système d’étiquetage nutritionnel simplifié.

L’UFC-Que Choisir s’est associé en mai 2014 à une pétition pour soutenir ce projet d’étiquetage simplifié. Pour être bien informé, lire l’article sur le site Quechoisir.org .

 Jean-Yves Hervez, responsable de la commission nationale agriculture alimentation de l’UFC-Que Choisir

28 septembre 2014