UFC-QUE CHOISIR DE LA SARTHE

Agriculture

Crise de l’élevage : un modèle agricole à bout de souffle !

Cet été les éleveurs ont manifesté, souvent violemment, leur inquiétude face à une problématique : la faiblesse de leurs revenus. L’UFC-Que Choisir a considéré à l’époque que c’était  un sujet qui ne concernait pas les consommateurs.

Malgré tout, quelques mois après ces manifestations, il est urgent de réaffirmer que le consommateur n’est pas seulement une partie faible à protéger mais un acteur qui a le droit de participer à la régulation des marchés. C’est ce que semblent avoir oublié (ou peut-être jamais compris) les élus  qui privilégient la relation avec le monde économique qu’il soit industriel ou agricole.

Nous sommes pourtant plus de 60 millions !

Le consommateur a le droit de savoir, non seulement d’où vient ce qu’il mange, mais aussi comment on le produit.

Dans une récente enquête que nous venons d’effectuer (plus de 32 000 répondants), l’alimentation arrive en 3ème position sur le podium des préoccupations des consommateurs français derrière la santé et les banques. La traçabilité des aliments est la préoccupation de 73 % d’entre eux et 63 % sont favorables à une agriculture respectueuse de son environnement.  Ce sont des éléments nouveaux qui n’apparaissaient pas lors de notre précédente étude en 2011.

Au final, on assiste à l’émergence d’un consommateur éveillé, en demande d’informations. Il est plus exigeant en termes de transparence sur ce qu’il achète.

Que veulent les consommateurs par rapport aux denrées alimentaires ?

  • Le droit à une information fiable

Les emballages des produits transformés mettent en avant des allégations marketing qui ne servent à rien pour le consommateur, sinon à vanter les mérites de la marque. Aucune indication sur la provenance de la viande, ni sur l’ingrédient principal n’y paraît.

Pour ce qui est des mentions volontaires existantes faisant référence à une origine française (par exemple, « viandes de France »), l’UFC-Que Choisir rappelle qu’elles ne sont pas en soi des garanties de qualité. En revanche, ces indications vont évidemment dans le sens d’une meilleure information du consommateur.

  • La transparence sur les prix

Depuis le début des années 2000, les courbes des produits frais à la production et des produits frais à la distribution n’ont pas arrêté de s’écarter. Cette anomalie, nous l’avons constatée au moment du passage à l’euro et à la flambée du prix des matières premières qui a suivi. Pour l’UFC-Que Choisir, les prix des produits alimentaires mis en rayons doivent refléter fidèlement l’évolution des coûts des matières premières.

Une exigence qui vaut particulièrement pour les denrées brutes ou faiblement transformées, le prix des matières premières représentant une part significative du prix final. Cela reste un vœu pieu.

La grande distribution répercute les hausses mais oublie de répercuter les baisses pour les consommateurs.

  • La sécurité des aliments

Des récentes crises agricoles (vaches folles, viande de cheval dans les lasagnes…) nous ont montré que le système n’était pas aussi protecteur que l’on veut bien le faire croire. On ne rétablira pas la confiance des consommateurs par l’unique communication mais par des actes montrant que leurs préoccupations sont bien prises en compte. Nous en sommes loin pour l’instant.

Le consommateur a le droit de savoir non seulement d’où vient ce qu’il mange, mais aussi comment on le produit. Si l’élevage français se donne les moyens de garantir sa qualité, le consommateur lui donnera sa préférence et acceptera de payer plus cher.

Une  vision à long terme pour l’élevage français s’impose !

Il faut changer de cap en misant sur la qualité pour aller vers une véritable agro-écologie respectueuse des sols, de l’eau, de l’environnement d’une manière générale et naturellement des consommateurs. ¡

Jean-Yves Hervez, responsable national de la commission agriculture et alimentation 

« Le consommateur 72 de décembre 2015 » p. 7

 

28 février 2016

Origine des viandes : exigeons la transparence !

Pétition pour un étiquetage obligatoire

L’UFC Que Choisir de la Sarthe appelle l’ensemble des consommateurs à signer cette pétition dont vous trouverez le texte en cliquant sur le lien ci-dessous. Cet appel à signer est à l’initiative de l’UFC Que Choisir, de la FNSEA, des  Jeunes agriculteurs et Coop de France. Cette convergence sur ce dossier ne doit pas masquer les divergences que nous avons par ailleurs avec ces organisations.

Signer la pétition : cliquez ICI

« Alors que plus d’un produit transformé sur deux (54% source UFC-Que Choisir) ne mentionne toujours pas le pays d’origine de la viande qu’il contient, l’UFC-Que Choisir, la FNSEA et ses associations spécialisées, Jeunes Agriculteurs et Coop de France, lassés de l’inaction des pouvoirs publics européens, ont décidé d’unir leurs voix et leurs forces à l’occasion du Salon de l’Agriculture. … »

Lire la suite du communiqué de presse sur quechoisir.org

Jean-Yves Hervez, Vice-président, UFC-Que Choisir de la Sarthe

27 février 2016

Crise agricole et intérêts des consommateurs : lettre ouverte à Mme La Préfète de la Sarthe

Le Mans, le 29 janvier 2016

Madame la Préfète de la Sarthe

Actuellement, les agriculteurs manifestent pour des problèmes concernant leurs revenus.
Ils exigent une augmentation des prix à la production. « Des prix, pas de subventions », peut-on lire sur les banderoles.

L’UFC-Que Choisir dans une étude réalisée en 2009 avait déjà constaté et dénoncé un écart anormal, depuis le début des années 2000, entre les courbes des prix à la production et des prix à la consommation. Ceci perdure. Nous avons démontré que pour un steak haché de 125 g le prix était resté stable pour le consommateur entre 2013 et 2014, que pendant le même temps le prix de vente éleveur avait baissé de 8 %, que les marges brutes de l’industrie avaient baissé de 1,2 %  alors que celles de la distribution avaient augmenté de 15 %.

Pour mémoire ce prix de vente éleveur était en moyenne légèrement inférieur au prix de revient, en clair il ne permet pas actuellement aux éleveurs de dégager un bénéfice ! La marge de la grande distribution a donc augmenté à la faveur de la baisse des prix agricoles, privant ainsi les consommateurs et les éleveurs des effets de cette baisse !

Dans ce contexte, les consommateurs Que Choisir de la Sarthe, tiennent à vous informer que, dans une enquête auprès de 32 000 consommateurs réalisée en 2015, l’alimentation arrive en 3e  position sur le podium de leurs préoccupations. La traçabilité de leurs aliments est réclamée par 73 % d’entre eux, y compris sur les produits transformés. Ils sont favorables à une agriculture respectueuse de leur environnement pour 65 % d’entre eux.

Les consommateurs réclament le droit à une information fiable, la transparence sur les prix et la sécurité des aliments. Ils sont un partenaire économique à part entière et veulent en conséquence être informés et consultés sur d’éventuelles ententes sur les prix qui se feraient à leur détriment.

En vous remerciant de l’attention que vous voudrez bien porter à cette demande, veuillez croire, Madame la Préfète, en l’assurance de ma parfaite considération.

Evelyne Gaubert

Présidente de l’UFC-Que Choisir de la Sarthe

7 février 2016

« Soigneurs de terre » : un excellent reportage de France 2 sur l’agriculture et l’agro écologie

Pour l’UFC-Que Choisir de la Sarthe, une  vision à long terme pour l’agriculture française s’impose.

Ce reportage, porté par le ministre de l‘agriculture Sréphane Le Foll, montre bien les limites de l’agriculture chimique. Il faut changer de cap pour aller vers une véritable agro-écologie respectueuse des sols, de l’eau, de l’environnement d’une manière générale et naturellement des consommateurs.

« Le magazine « 13h15 le dimanche »diffusé sur France 2 a rencontré les « médecins des sols » Claude et Lydia Bourguignon. Ces biologistes affirment que « l’agriculture conventionnelle est un massacre pour les sols… Elle anéantit leur fertilité ». Ils trouvent des remèdes pour soigner les terres exsangues. Jean-Christophe Bady, « repenti » de l’agriculture intensive, n’utilise ni engrais ni pesticides pour des raisons de santé et fait le choix de l’agro-écologie… sans recevoir d’aide de l’Etat.

Emmanuelle Chartoire, Clément Montfort, David Geoffrion et Mathieu Houel ont suivi le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, pour qui le modèle agro-écologique n’a que des avantages : plus sain, moins cher, durable et même plus productif ! Le maraîcher normand Charles-Hervé Gruyer exploite depuis une dizaine d’années une ferme agro-écologique de pointe, au rendement dix fois supérieur à celui d’un maraîcher classique. Les pionniers du changement sont déjà à l’œuvre, aux petits soins du bien commun des hommes, la Terre. »   (Source France TV Info)

Visionner le reportage : « Soigneurs de terre »

Jean-Yves Hervez, Vice-Président UFC-Que Choisir de la Sarthe

6 février 2016

Crise de la viande : les constats et les demandes de l’UFC-Que Choisir

Face à l’actualité récente sur les revendications du monde agricole, l’UFC-Que Choisir renouvelle son constat récurrent :

Années après années, si les augmentations de prix des matières premières agricoles sont systématiquement répercutées aux consommateurs, en revanche les baisses de prix agricoles ne sont pas ou très mal répercutées aux consommateurs.

Pour exemple le prix du steak haché de marque de distributeur 125 g (source : UFC-Que Choisir et Observatoire de la formation des prix et des marges) :

tableau viandeLa marge de la grande distribution a donc augmenté à la faveur de la baisse des prix agricoles, privant ainsi les consommateurs et les éleveurs des effets de cette baisse !

L’UFC-Que Choisir rappelle d’autre part ses demandes de transparence quant à l’étiquetage d’origine, en particulier l’indication obligatoire de l’origine des ingrédients dans les produits transformés (par ex. : charcuteries, plats transformés …) dans le but de contribuer par le biais de cette transparence à une sécurisation de la traçabilité.
S’agissant d’un affichage volontaire faisant référence à une origine française (par ex : ‘viandes de France’), si ces marquages ne sont pas en soi des garanties de qualité, et bien qu’elles ne puissent se substituer à l’obligation réglementaire générale que nous demandons, ce sont des démarches volontaires qui vont dans le sens d’une plus grande transparence.

Retrouvez l’intervention d’Olivier Andrault, chargé de mission de l’UFC-Que Choisir, sur ce sujet sur BFMTV (replay).

UFC-Que Choisir de la Sarthe

23 juillet 2015

Le discours prononcé ce jour par Alain BAZOT à l’occasion de la présentation des vœux de l’UFC-Que Choisir.

Intervention d’Alain BAZOT, Président de l’UFC-Que Choisir à l’occasion de la présentation des Objectifs 2015

Bonjour à tous,

Vous êtes nombreux à vous être rendus disponibles à l’heure du déjeuner pour ce traditionnel rendez-vous de l’UFC-Que Choisir, je tiens à vous en remercier chaleureusement. J’espère que mon discours consumériste ne vous mènera pas à l’indigestion, cette indisposition dont semble être malheureusement affectés certains membres du gouvernement qui désormais et bien souvent, mettent au régime sec les volets consuméristes de leurs textes de Loi, voire reviennent sur des avancées fraichement obtenues … J’espère au contraire que ce moment convivial vous mettra en appétit pour défendre et promouvoir l’intérêt individuel et collectif des consommateurs, ou à tout le moins partager l’idée que la recette d’une économie performante passe par un consumérisme reconnu. L’image culinaire n’est pas anodine, tant l’année écoulée aura été riche en saveurs pour les consommateurs et l’UFC-Que Choisir dans toutes ses composantes : ses 150 associations locales, ses 142.000 adhérents, 5000 bénévoles, 300 salariés. Si je ne vais pas détailler par le menu tous les projets et actions de l’année écoulée, permettez-moi de revenir sur les plats principaux.

En entrée, l’information des consommateurs : à l’heure où les consommateurs sont ensevelis sous une offre pléthorique, surabondante, multi supports, contradictoire, en partie gratuite, la plus redoutable ! et parfois manipulée, ils n’ont pas perdu le goût d’une information indépendante, experte et vraiment utile, bien au contraire. Malgré la concurrence d’Internet, et en dépit des difficultés du secteur, nos abonnements papiers se sont stabilisés autour des 400 0000, l’activité d’édition est toujours aussi intense avec notamment le succès de la vente en librairies de nos ouvrages, et si nos ventes en kiosque ont quelque peu décru, c’est qu’un flot de nouveaux abonnés web est arrivé en 2014 nous permettant d’atteindre fièrement les 90 000 abonnés à quechoisir en ligne, soit 16% de croissance.

Cet appétit s’est retrouvé également dans la consultation massive, plus de 200 000 visiteurs uniques, de notre carte sur la qualité de l’eau potable, sujet majeur puisque, faut-il le rappeler, l’objectif européen d’un bon état écologique des eaux en 2015 est loin d’être atteint ! Une information pertinente, c’est aussi la mise à disposition de nouveaux comparateurs indépendants comme le comparateur énergie ou celui sur les fournisseurs d’accès à Internet pour donner les clés du bon choix dans un contexte de crise, prenant en compte non seulement le prix mais encore la qualité de service et des contrat sûrs. Chaque mois, c’est plus de 500 000 personnes qui consultent ces outils.

Mais au-delà de l’information, indéniablement le mets le plus copieux de l’année écoulée tient aux victoires politiques de l’association. Législatives d’abord avec la promulgation de la Loi HAMON et ses nombreuses avancées sectorielles obtenues après un intense lobbying de notre part, et je n’ai pas honte d’utiliser ce mot : lutte contre l’obsolescence organisée, service d’aide à la mobilité bancaire, résiliation infra annuelle des assurances, ou encore facturation au quart d’heure des parkings. Dans le domaine du logement, la Loi Duflot a entendu « déloger » les abus maintes fois dénoncés par l’association en matière de rapports locatifs et de syndics ou encore en encadrant mieux l’activité des marchands de rêves que sont les vendeurs de liste….. Enfin, dans le secteur de la santé, comment ne pas saluer l’adoption, par le Sénat, de la proposition de loi visant à mettre au ban le régime spécifique de la sécurité sociale étudiante, fâcheuse exception française, même si la copie sénatoriale tarde à être examinée par l’Assemblée?

L’association a également connu des victoires en dehors des hémicycles, notamment dans les prétoires. Et à ce sujet, je voudrais saluer le précieux appui judiciaire des associations locales auprès des consommateurs dans le cadre de litiges sériels, appui ayant notamment permis à ces derniers d’obtenir des décisions de justice favorables devant les juges de proximité ou les tribunaux d’instance s’agissant des montages financiers complexes liés à des travaux d’économie d’énergie ou des adoucisseurs d’eau comme dans l’affaire « SUN WATER » .

Qui dit mets copieux, dit plats de résistance. Or, en 2014, l’UFC-Que Choisir a essuyé encore bon nombre de déni de réalité, de contrevérités de la part de professionnels sur des sujets où les dénonces, les alertes, les motifs d’inquiétudes sont vifs, et je me satisfais que les Autorités de régulation n’aient pas goûté à ces arguments aussi artificieux qu’indigestes. Parmi les plus marquants, citons notre action sur les clauses abusives des réseaux sociaux et notre appel aux internautes à « garder la main sur leurs données » , qui aujourd’hui est en passe d’être relayée par nos homologues européens et au niveau français par la Commission des clauses abusives qui a repris cette thématique pour ses recommandations. De même, nos études révélant la qualité aléatoire des réseaux mobiles, si elles ont brouillé les ondes entre l’UFC-Que Choisir et certains opérateurs, ont néanmoins été confirmées par l’Autorité de Régulation. A ce sujet, je me réjouis que le nouveau Président de l’ARCEP, qui revient à bon port, ait justement souligné son ambition d’ « enrichir les indicateurs de qualité et de débits pour permettre aux consommateurs de faire un choix éclairé »… Il est du devoir de tous d’empêcher que les consommateurs subissent, disons, des « fritures » sur leur ligne. Dans le domaine de l’énergie, l’action de l’UFC-Que Choisir au sujet de liens capitalistiques entre ERDF et EDF a trouvé un écho auprès de la Commission de Régulation de l’Energie même si l’on peut regretter le manque d’ambition de la réponse. C’est notamment l’origine du sous-investissement dans le réseau électrique français qui est ici en question. Enfin, en matière alimentaire, malgré les contrevérités colportées par certains industriels sur le dispositif envisagé, l’UFC-Que Choisir se félicite de la reprise dans le projet de loi santé publique de l’étiquetage nutritionnel simplifié recommandé par le PNNS. Va-t-on enfin identifier clairement ce que l’industrie nous fait manger et être en mesure procéder à des arbitrages sur notre alimentation ?

Mais, pour finir, l’année 2014 n’aurait pas été aussi savoureuse s’il n’y avait pas eu la pièce maîtresse, que dis-je la « pièce montée » qu’est l’action de groupe. L’UFC-Que Choisir n’a eu de cesse de dénoncer le fait que, faute d’action de groupe, les consommateurs regardaient passer le train de la justice sans jamais pouvoir monter dedans. Elle n’a donc pas manqué le départ de cette réforme tant attendue. Cette nouvelle procédure devait être incarnée et l’association y a ardemment travaillé. L’encre du décret d’application à peine sèche, l’association, (forte d’une précédente décision reconnaissant la facturation du service d’avis d’échéance comme une pratique illicite,) a lancé la première action de groupe en France contre FONCIA groupe. L’UFC-Que Choisir (et son service juridique) ne manque pas de continuer d’éplucher chacune des possibilités d’action et entend s’appuyer sur le signalement direct de consommateurs en ouvrant prochainement un espace dédié à cette fin sur son site Internet… L’action de groupe, saluée récemment comme une avancée par 91% des consommateurs, a indéniablement comblé un vide juridique même s’il faut reconnaître que sur certains dossiers de pratiques anticoncurrentielles aux conséquences particulièrement dommageables pour les consommateurs le glaive de la justice se transforme en sabre de bois. Conserve-t-on ses tickets de caisse vieux de 10 ans? A l’évidence non, et cette inutilité de facto des actions de groupe dans certains litiges invite à s’interroger sur la possibilité d’obtenir une réparation effective pour les consommateurs victimes de litiges de masse de faibles montants ou pour lesquels les preuves sont difficiles à constituer. … Par ailleurs, laisser certains « braconniers du droit » exploiter les facilités d’Internet pour promettre des « actions collectives » sur tout et n’importe quoi, alors même que certaines décisions de justice sont notoirement défavorables aux consommateurs et/ou que les modalités de rémunération de ces « mécènes » sont savamment tues ne peut nous laisser sans réaction. Nous ne pouvons laisser prospérer de si viles actions ! De même, s’agissant de l’effectivité des droits des consommateurs, l’UFC-Que Choisir entend que la transposition des textes européens sur la résolution extrajudiciaire des litiges aboutisse à un assainissement du système français de médiation garantissant plus de transparence, d’indépendance et d’efficience. Et en matière de médiation, l’association n’entend pas transiger !

Vous l’aurez compris, loin d’être rassasiée, l’UFC-Que Choisir entend poursuivre en 2015 son action au service des consommateurs et continuer d’innover dans la droite ligne de son rapport d’orientation qui prévoit de les accompagner au plus près et à tout instant dans leur vie quotidienne… Notre stratégie est davantage préventive que curative. En mettant l´accent sur la prévention, l’objectif est de rendre concret le concept de « citoyen consommateur », de « consomm’acteur » en lui donnant, dans sa dimension individuelle et collective, les moyens de peser sur le marché, d’éviter les litiges, de faire des choix responsables, et d´agir pour une consommation durable.

A cette fin, l’association travaille déjà à optimiser l’écho de ses recommandations… Pour en accroître la portée et partant, permettre à une collectivité plus large que nos seuls abonnés et adhérents d’en bénéficier, L’association réfléchit à la création d’une licence de courte durée permettant l’utilisation sous conditions strictes, mais accessibles à tout professionnel sans discrimination, des résultats des tests, et particulièrement de la recommandation « meilleur choix ». Une telle utilisation encadrée permettra par ailleurs de couper court à la reprise illicite et sauvage, biaisée, pour ne pas dire instrumentalisée des résultats de nos tests et enquêtes.

De même, alors que le nombre de plaintes dans le cadre du dépannage ne se résorbe pas et que l’accès aux moyens de communication (téléphone, Internet…) s’est largement développé, nous réfléchissons à un outil permettant aux consommateurs de choisir, de manière sécurisée et fiable, des professionnels dans leur zone géographique, étant entendu que cela exigera un cahier des charges très strict quant à l’objectivité des critères étudiés mais aussi et surtout des contrôles garantissant la fiabilité de l’information délivrée et la mise à jour régulière. Enfin, l’association entend enrichir encore son offre de comparateurs et d’outils en ligne aux services des consommateurs, particulièrement dans le domaine de la santé avec la mise en place d’un comparateur des complémentaires.

Mais au-delà de l’information, ce sont bel et bien sur les services que les consommateurs nous attendent, et sur des services revisités pour répondre à l’évolution des demandes et des profils. C’est le deuxième axe stratégique : faciliter la vie du consommateur. Le récent envol de notre service d’aide à l’indemnisation des passagers aériens victimes de retards de vols ou d’annulation, le service « Indemnit’Air » entend ainsi faire décoller l’effectivité des droits des passagers aériens qui ne sont que 10% à faire valoir leurs droits. De même, le succès quantitatif de la seconde campagne « gaz moins cher ensemble » – 174 000 inscrits et une offre lauréate plus attractive que les offres de marché- nous invite à élargir le périmètre de cet outil. Si dans le combat du gaz, la bataille tant attendue entre David et Goliath, n’a pas eu lieu, David l’emportant par forfait, l’UFC-Que Choisir entend bien manier prochainement l’outil « enchère inversée » dans les secteurs, assurances en tête, où la concurrence est défaillante et le gain en pouvoir d’achat des consommateurs nous semble important.

Quant aux combats politiques, de grands sujets nous mobiliseront. Dans le cadre de la loi transition énergétique pour une croissance verte tout d’abord. Le gouvernement s’est doté d’objectifs ambitieux et aspire à ce que la France soit moteur lors de la Conférence Climat. Pour autant les moyens actuellement envisagés nous paraissent insuffisants voire parfois contreproductifs. Nous pèserons pour que les ménages soient au cœur des dispositifs, et soient véritablement à même de moins consommer d’énergie, de mieux la consommer.

Ensuite le domaine de la santé. Comme l’a souligné son récent appel ironique à payer « en petites monnaies » les médecins qui refusent de manière irresponsable la carte vitale, l’association va faire de la Santé une thématique phare et ne manquera pas d’œuvrer pour mettre en pièces toutes les résistances à l’amélioration de l’accès aux soins. L’association va par ailleurs continuer d’ausculter ce secteur pour dénoncer tous les dysfonctionnements qu’il s’agisse de la prescription irrationnelle de médicaments (l’UFC-Que Choisir refuse l’overdose !) ou encore, comme elle l’a fait sur l’optique, des marges exorbitantes de certains dispositifs médicaux. L’association refuse que les pouvoirs publics restent aveugles et sourds devant les cris d’alarme : la France est malade de son système de santé ! La loi de Santé Publique qui se fait attendre depuis plus de 10 ans doit être à la hauteur de l’enjeu ! L’UFC-Que Choisir y veillera. La médicalisation de la société, voilà ce qu’il faut dénoncer et combattre, bien plus réelle et prégnante que la judiciarisation souvent dans toutes les bouches. Il est grand temps que les pouvoirs publics enfourchent le cheval de la Prévention! L’affaire Avastin/lucentis sur laquelle l’UFC-Que Choisir a interpellé l’Autorité de la Concurrence pose une nouvelle fois la question du « coût des médicaments » et l’association entend bien continuer à creuser cette épineuse question en vue de soumettre aux pouvoirs publics ses prescriptions de réforme.

Si la Santé sera un wagon important du train des combats politiques 2015, sachez que l’association mettra également cette année sur les rails plusieurs actions dans le domaine des Transports. Attendue par des nombreux usagers exaspérés par leur renchérissement alors même que la qualité se détériore, l’UFC-Que Choisir compte bien s’inviter dans le débat. Si un accent particulier sera mis sur les transports collectifs régionaux, les professionnels du secteur de l’automobile ne devraient pas être en reste… Mais, secret industriel oblige, vous comprendrez que je ne puisse vous en dire davantage sur ce qu’il y a sous notre capot !

Voilà, Mesdames et Messieurs, un éclairage sur nos actions et nos objectifs
Bien évidemment, alors que ce début d’année est marqué par le triste rappel de l’importance fondamentale de la liberté sous toutes ses formes, l’UFC-Que Choisir entend farouchement défendre sa liberté de ton, de pensée et de critiques au service de l’intérêt collectif.

Jouer collectif, c’est l’essence même d’un mouvement associatif comme le nôtre, alors la référence en 2015 à la coupe du monde de rugby ne vous étonnera pas. Transformons en 2015 l’essai pour chacun de nos combats.

Mais pour l’heure je vous invite, si vous le pouvez, à sortir de la mêlée pour accéder au buffet.

Bons vœux à tous.

Retrouvez cette intervention sur le blog d’Alain Bazot

30 janvier 2015

Les Consommateurs sarthois sensibles à la réduction des pesticides

Des consommateurs s’informent sur le stand de l’UFC

Des consommateurs s’informent sur le stand de l’UFC

Pour la troisième année consécutive, l’UFC-Que Choisir de la Sarthe avait en charge l’appréciation de l’efficacité de l’action « jardiner au naturel ». Son objectif est d’amener les jardiniers amateurs à mettre en œuvre des pratiques de jardinage respectueuses de l’environnement en évitant l’usage des produits chimiques de synthèse qui détruisent la nature et qui plus est, polluent l’eau et les nappes phréatiques.

Comme les années passées, nous nous sommes rendus anonymement dans les 28 jardineries spécialisées du bassin versant de l’Huisne et 10 Grandes et moyennes surfaces proches de celles-ci.

En matière d’affichage réglementaire de l’arrêté préfectoral du 12 octobre 2010, les 12 jardineries signataires de la charte « Jardiner au naturel » sont quasiment sans reproche. La situation est un peu moins parfaite chez les autres enseignes. Enfin dans les Grandes et Moyennes Surfaces (GMS) visitées, cet affichage est quasiment toujours inexistant.

Cet arrêté rappelle aux usagers des pesticides (particuliers, collectivités…), les distances à respecter pour leur utilisation vis-à-vis des points d’eau.

A l’égard des conseils prodigués, il reste encore beaucoup « de chemin à faire » pour que toutes les jardineries préconisent spontanément des solutions de jardinage sans pesticides de synthèse. Cependant on assiste à une évolution importante : Ÿ

  • les jardineries signataires valorisent bien les outils et documents fournis par l’Institution Interdépartementale du Bassin de la Sarthe (IIBS) ainsi que les formations spécifiques de leurs vendeurs ;
  • des solutions respectueuses de l’environnement sont mises en avant même si la référence aux produits chimiques de synthèse est parfois encore faite ; Ÿ
  • les jardineries autres, ont de plus en plus tendance à conseiller des pratiques de jardinage plus soucieuses de l’environnement que celles qui font appel aux pesticides de synthèse même si ces derniers sont encore trop souvent évoqués ;
  • la différence entre les signataires » et les « non signataires » tend à diminuer ;  Ÿ
  • au niveau des GMS se dégagent 2 tendances. L’une, majoritaire, qui consiste à promouvoir les pesticides et à les rechercher dans les rayons en lisant les étiquettes, l’autre, nouvelle mais importante, qui se caractérise par des vendeurs quelque peu sensibilisés à l’environnement ou par des vendeurs, qui aussitôt en matière de conseil, nous ont renvoyés vers des jardineries spécialisées.

En conclusion le comportement des jardineries signataires tend à se développer comme si elles faisaient école. C’est là une évolution notable.

 Parallèlement, nous avons conduit des enquêtes sur la connaissance, par les consommateurs, de la loi Labbé. Elle contient l’interdiction de se procurer et d’utiliser des produits phytosanitaires de synthèse par les collectivités à compter de 2020 et par les particuliers à partir de 2022. Très peu connaissent encore cette loi mais nombreux sont ceux qui trouvent qu’elle va dans le bon sens quand on leur en donne le principe. Quasiment tous souhaitent une démarche similaire, ou tout au moins une réduction très forte, de l’usage des pesticides par les agriculteurs. Rappelons que ces derniers consomment plus de 90 % des pesticides vendus dans la Région !

  A quand un engagement sincère et réel des agriculteurs dans la réduction des pesticides ?

Les consommateurs ont montré leur engagement dans la réduction forte de l’usage des produits phytosanitaires. Parmi les Schémas d’Aménagement et de Gestion de l’Eau (SAGE) du département, on constate un engagement fort de communes à ne plus utiliser de pesticides pour l’entretien de leurs différents espaces.

Ne reste plus qu’aux agriculteurs à donner une image sincère et réelle dans la volonté de réduire au mieux l’usage des pesticides de synthèse.

Les solutions respectant la rentabilité des productions existent, mais encore faut-il que le lobbying agricole ultra majoritaire, veuille bien redécouvrir les observations, les assolements, les rotations, les variétés…qui permettent de se détacher du seul intérêt de l’agrofourniture. La baisse de l’usage des produits phytosanitaires n’est pas encore amorcée…alors que le plan écophyto 2008 – 2018 prévoyait une baisse de 50 % à l’horizon 2018 !

 Alain André, commission environnement, UFC-Que Choisir de la Sarthe

19 octobre 2014

« Produits bio » que peut-on en attendre ?

Les produits issus de l’agriculture biologique (PIAB) se sont banalisés au cours des années 2000. Ils peuvent encore poser quelques questions.

Les aliments bio sont-ils meilleurs que ceux de l’agriculture dite « conventionnelle » ?

Certains peuvent regretter d’avoir payé plus cher des produits qu’ils ne trouvent pas meilleurs dans leur assiette. Quels éléments de réponse peut-on apporter ?

L’agriculture biologique a pour premier objectif de respecter l’environnement.

C’est pourquoi l’emploi d’engrais et pesticides chimiques est limité au strict minimum afin de préserver la biodiversité, la qualité sanitaire des eaux et de la chaîne alimentaire. Les OGM sont interdits.

S’agissant des qualités gustatives et nutritionnelles, les différentes études comparatives réalisées n’ont  pas mis en évidence de différences significatives entre les aliments bios et les autres.

Il n’y a donc pas lieu de s’attendre à des produits obligatoirement meilleurs sur ces points une fois arrivés dans nos assiettes.

Les aliments bio sont-ils plus sûrs ?

Oui, de nombreuses analyses le montrent. Leur qualité sanitaire est meilleure en raison de moindres contaminations en résidus de pesticides.

Quelles garanties pour le consommateur ?

Depuis 1991, les aliments biologiques bénéficient d’un statut européen : les mêmes règles de production, distribution et contrôle, donc les garanties pour le consommateur, s’appliquent dans toute l’Union.

Ils sont soumis à un dispositif de contrôle à plusieurs niveaux qui prévoit que :

  • chaque opérateur (producteur, importateur, transformateur, stockeur, distributeur) doit notifier son activité auprès de l’Agence Bio et désigner un organisme de contrôle (OC) .
  • les OC relèvent du secteur privé et sont agréés par l’administration après avoir apporté des garanties en matière d’indépendance, d’impartialité, de compétence et de moyens.
  • les contrôles réalisés par ces organismes sont complétés par ceux mis en œuvre par l’administration (DGCCRF)
  • le niveau d’exigence est le même pour les produits importés de pays tiers. Les OC agréés ont la possibilité de s’y rendre et/ou de s’en remettre à leurs homologues par un dispositif de reconnaissance mutuelle.

 Les produits bio sont-ils plus chers ?

Oui mais l’écart se réduit.

Coûts de production, de transformation et de distribution parfois supérieurs, filières de peu ou mal structurées, demande supérieure à l’offre, sont autant de facteurs qui, par le passé, ont pu tirer les tarifs vers le haut.

De son côté, l’agriculture conventionnelle a longtemps bénéficié d’aides publiques (PAC…) et de l’absence d’application du principe « pollueur payeur ». L’écart de prix apparent n’aurait pas été ce qu’il fût s’il avait été tenu compte de ces aides et du coût de la dépollution (algues vertes, eau potable…) supporté par les contribuables et les consommateurs.

 Comment les reconnaître ? AB p1

Les produits bio certifiés doivent porter, en plus des mentions d‘étiquetage applicables à tout produit alimentaire, le logo européen (feuille verte stylisée) et le numéro identifiant l’organisme de contrôle.

Le logo AB, souvent apposé, est facultatif.

 En conclusion, pourquoi les acheter ?

Pour la protection de notre environnement, de notre santé, de notre qualité de vie et celles des générations futures.

Pour soutenir les producteurs soucieux de ces valeurs..

 Alain Chappuis, commission communication de l’UFC-Que Choisir de la Sarthe

26 mars 2014

Politique de l’eau

Politique de l’eau : un système à reconstruire d’urgence

Payeurs à 90 %, les consommateurs veulent peser sur la politique de gestion et d’aménagement de l’eau.

Le Grenelle de l’environnement (2007) visait à réduire de 50 % à l’horizon 2018, l’usage des produits phytosanitaires en agriculture.
En 2012, l’augmentation est, de fait, de plus de 2 %.
L’Europe menace la France de sanctions pour non-respect de la directive européenne sur les nitrates.
Dans le même temps, la contribution des consommateurs à la fourniture d’une eau de qualité est de 80 à 90 %, celle du monde agricole de seulement 1 à 8 % selon les agences de bassin.

La gestion et l’aménagement de l’eau sont de la responsabilité des agences de bassin (6 sur le territoire).
Pour l’agence Loire-Bretagne, la pollution aux nitrates, reste un problème majeur en Bretagne. Dans l’Eure-et-Loir, un habitant sur quatre n’a pas accès régulièrement à l’eau potable du fait de la pollution par les nitrates et pesticides.

Les mondes agricole et industriel sont surreprésentés dans les instances de décisions. L’étude de l’UFC-Que Choisir met en évidence l’existence de collusions d’intérêts catégoriels et professionnels sans que les ministères de tutelle ne puissent peser.
Sous-représentés dans ces instances et mis devant le fait accompli, les consommateurs ne peuvent pas actuellement influer sur les décisions qui sont de toute façon prises en amont.

L’UFC-Que Choisir dénonce une organisation défaillante de la concertation et demande la refonte de ces instances pour :
• charger le ministère de l’Environnement du pilotage de la politique de l’eau ;
• résoudre le problème de sous-représentation des associations ;
• l’application du principe pollueur-payeur.

Jean-Yves Hervez, responsable commission nationale agriculture et alimentation

2 juillet 2013

Quels enjeux pour l’eau ?

Consultation publique sur la gestion de l’eau : l’UFC-Que Choisir de la Sarthe conseille les consommateurs

L’aménagement et la gestion de l’eau en France sont assurés par 6 agences de bassin. Une consultation publique, organisée par l’agence du Bassin Loire-Bretagne, pour notre département, concerne « les grands enjeux qui se posent à nous et aux générations futures pour l’avenir de l’eau et des milieux aquatiques sur nos territoires ». Cette consultation doit servir à élaborer le schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) pour la période 2016/2021.

Cette consultation se fera en répondant à un questionnaire accessible et téléchargeable sur le site internet de l’agence : http://www.prenons-soin-de-leau.fr/cms/render/live/fr/sites/prenonssoindeleau/accueil/le-bon-etat-des-eaux/votre-avis-sur-leau/consultation-2012-2013.html
Ce questionnaire est également disponible à la délégation Anjou-Maine de l’agence : rue Jean-Grémillon (quartier de l’Université), 72000 – Le Mans ou auprès de notre association 21 rue Besnier – 72000 Le Mans. Cette consultation est en cours depuis le 1er novembre 2012 et se terminera le 30 avril 2013. Les réponses ou autres contributions écrites, individuelles ou collectives, peuvent se faire en ligne sur le site ci-dessus, ou par email à l’adresse sdage@eau-loire-bretagne.fr. Les réponses ou contributions écrites « papier » sont à adresser à Monsieur le Président du comité de bassin – BP 6339 – 45063 Orléans Cedex 2, ou en préfecture.

L’UFC-Que Choisir de la Sarthe a examiné ce questionnaire : les questions nous paraissent trop consensuelles, non sélectives, et ne nous permettent pas d’avancer notre revendication de l’application du « principe polluer payeur » inscrit dans la constitution.

En effet, les consommateurs supportent à plus de 90 % la mise à disposition au robinet, dans notre département, d’une eau de qualité satisfaisante. Il semblerait qu’en France, l’application du concept de « pollueur pas payeur » est de mise. L’agriculture ne contribue qu’à environ 2 % des dépenses de dépollution. La cour des comptes dresse le triple constat que la France laisse les agriculteurs polluer, les dispense du paiement de redevances pour pollution et de plus les fait bénéficier des aides à la dépollution. Il est évident que les budgets pour la gestion durable de l’eau sont à visée curative et pour l’essentiel à la charge des consommateurs (1,5 milliard d’euros par an).
Pour réduire suffisamment cette pollution d’origine agricole, il faudrait modifier plus radicalement les pratiques de ce secteur. Une orientation des aides de la PAC (politique agricole commune) dans ce sens est indispensable.

De plus, à aucun endroit du questionnaire, le consommateur, principal financeur, n’est consulté sur la bonne gestion de l’eau par les agences de bassin. Aucun état des lieux et aucun bilan ne sont soumis à l’appréciation des consommateurs.

Notre conseil : remplir le questionnaire mais avec des réserves.

L’UFC-Que Choisir de la Sarthe encourage ses adhérents, mais aussi tous les consommateurs, à remplir le questionnaire mais avec les indications suivantes :

Page 4 (dernière page), en réponse à la question : « Souhaitez vous proposer d’autres enjeux importants pour l’eau ? » répondre « oui » et indiquer ensuite « application du principe constitutionnel pollueur-payeur ». En effet si la collecte et le traitement collectifs des eaux usées s’améliorent régulièrement, il reste encore beaucoup à faire pour l’assainissement non collectif. L’effort d’amélioration doit pouvoir être supporté équitablement.

Pour la piste d’actions (bas de page 2) : « Etudier la possibilité de stocker l’eau disponible en hiver pour l’utiliser à d’autres saisons, tout en préservant prioritairement l’alimentation en eau potable et la vie des milieux aquatiques », l’UFC-Que Choisir trouve cette proposition « pas du tout adaptée » car ce stockage dénommé « bassine », réalisé par les agriculteurs avec un financement public, se fait pour l’essentiel, aux frais des consommateurs. Ces bassines sont en fait alimentées majoritairement par de l’eau puisée dans la nappe, bien commun, mais uniquement utilisées par les agriculteurs comme moyen d’irrigation, sans quasiment aucun contrôle.

Commission environnement de l’UFC-Que Choisir de la Sarthe

21 avril 2013