UFC-QUE CHOISIR DE LA SARTHE

Santé

Déconfinement – Le retour de la liberté d’aller et venir !

La mise en confinement a profondément impacté les parcours de soins, le déconfinement va entraîner lui aussi des difficultés sur les parcours. Comment revenir à des parcours de santé coordonnés ? Comment assurer les droits fondamentaux des personnes ?

L’organisation des soins et les aides à domicile vont au-delà de la téléconsultation. Le domicile est l’angle mort de cette épidémie. Il faut reconnaître que les soignants ont géré admirablement les situations. L’exclusion de la médecine de ville au stade 1 et 2 n’a probablement pas facilité la continuité des soins. La téléconsultation mise en place a permis de maintenir un lien avec des patients connus mais elle n’est pas accessible à tous (zone blanche, difficulté d’utilisation d’outils numériques).

L’utilisation de tests biologiques ou du traçage numérique des déplacements lors du déconfinement pose des questions éthiques et évoque une ère de la surveillance qui n’est pas loin avec des risques de discriminations !

Toute personne qui souhaite se protéger doit pouvoir le faire, mais doit pouvoir assumer les risques qui la concernent, sans en faire prendre aux autres.

Concilier la responsabilité et la liberté de sortir de chez soi, d’aller et venir, va entraîner au sein des familles des dilemmes éthiques, des prises de décisions complexes, liées à des points de vue divergents entre personnes en situation de handicap ou de maladies chroniques.

Il est important de prendre en considération le vivre ensemble et les conditions de socialisation. Si les mesures de distanciation sociale sont exigées pour tous, le port du masque, n’est pas applicable pour certaines populations comme les enfants, les personnes atteintes de troubles psychiques, les personnes polyhandicapées. Quel est le rapport à l’autre avec le masque ? Quelle stratégie pour que le port du masque soit acceptable par tous ? Quel masque ? Au début de la pandémie, le masque était inefficace, maintenant, il a retrouvé sa légitimité, notamment, celui à usage multiple.

Aujourd’hui, la seule parole qui semble écoutée est celle des experts du monde sanitaire. Les associations, les corps intermédiaires et les bénévoles qui œuvrent beaucoup sont bien souvent oubliés. Pourtant, dans la démarche scientifique, le débat contradictoire permet d’avancer.

 

Pierre Besnard
Responsable santé