UFC-QUE CHOISIR DE LA SARTHE

Télécom / Numérique

Concurrence dans la téléphonie mobile

Alors que le secteur des télécommunications est en pleine mutation avec le rachat de SFR par Numéricâble, L’UFC-Que Choisir vient de publier une nouvelle étude sur l’état du marché de la téléphonie et ses perspectives. Quels en sont les résultats majeurs ?

On peut clairement dire que pour le pouvoir d’achat des consommateurs, il y a eu un avant et après 2012.

2012 marque en effet le passage réclamé par l’UFC-Que Choisir à 4 opérateurs. C’est alors l’arrivée de Free sur le marché de la téléphonie.

L’arrivée du 4ème opérateur a permis une baisse moyenne de la facture mobile de 30 % entre 2012 et 2014. Ce ne sont pas moins de 7 milliards d’euros de pouvoir d’achat libérés pour les consommateurs. Résultat, la France qui encore en 2010 était la championne de la Cherté avec des prix plus élevés de 25 % que dans le reste des pays d’Europe, est devenue en 2014, le pays où la téléphonie mobile est devenue deux fois moins cher qu’ailleurs.

Quelles sont les autres changements marquants ?

Un autre élément marquant est que le consommateur est devenu lui-même acteur de la concurrence en se libérant du poids de l’engagement auprès d’un opérateur. En effet, fin 2013, près d’un abonné sur deux avait souscrit un forfait sans engagement, soit deux fois plus qu’en janvier 2012. Pourtant des mesures avaient été prises avant pour faciliter les migrations en particulier la portabilité du numéro. Mais c’est bien l’arrivée du 4ème opérateur qui a bouleversé la donne en proposant des type de forfaits différends et vraiment plus intéressants en terme de tarifs.

Le modèle de la subvention au terminal, c’est-à-dire du forfait couplé avec une offre à prix réduit d’un smartphone, ne fait plus autant recette, ce type d’offre n’est donc pas intéressant pour le consommateur ?

Le consommateur doit en effet bien faire ses comptes avant de souscrire ce type d’offre : ce cadeau peut au final coûter cher. Nous avons calculé ce que couterait l’achat de trois smartphone parmi les plus répandus de trois marques différentes sur 3 forfait types (appels/SMS/MMS illimités et 3ou 5 GO de data). Au vu des résultats, acheter son téléphone et souscrire en parallèle un forfait lowcost, revient moins cher que d’opter pour un mobile subventionné avec un forfait 24 mois. Et moins la valeur du mobile est élevée, plus cela devient très vite intéressant. Bien sûr cela peut varier en fonction du mobile et du forfait choisi, mais comme toujours le conseil de l’UFC-Que Choisir est : soyez un consommateur averti et comparer avant d’acheter. De plus le forfait sans engagement, comme l’ont compris beaucoup de consommateurs, c’est la liberté de changer d’opérateurs à tout moment sans frais.

A ce propos, si je suis engagé par un de ces forfaits, puis-je résilier avant la fin ?

Oui, c’est possible mais vous devrez payer des frais de résiliation. Pour un engagement de 12 mois, vous devrez l’intégralité des mensualités restantes. Pour un engagement de 24 mois, vous devrez l’intégralité jusqu’au 12ème mois et 25 % des mois restants au-delà du 12ème mois.

Ce passage a quatre opérateurs est accusé de pas mal de maux au niveau économique, est-ce justifié ?

L’argument qui met en avant la destruction de dizaines de milliers de postes dans ce secteur est loin de la réalité. Si la réduction des effectifs dans les télécoms est indéniable, elle a commencé au début des années 2000 soit bien avant l’arrivée du 4ème opérateur. Entre 2001 et 2010, le secteur selon l’Insee a perdu quelques 40 000 postes. La tendance serait plutôt repartie à la hausse avec l’arrivée de Free. 1900 emplois créés. Mais l’impact positif sur l’emploi dépasse largement le seul secteur des télécommunications : 7 milliards d’euros en pouvoir d’achat, c’est autant de réinjecté dans d’autres secteurs de l’économie.

Actuellement le marché reste entre les mains de 4 opérateurs, le consommateur peut donc être satisfait ?

Rien n’est moins sûr. Le développement du réseau 4G est au point mort et demande des investissements que certains ne pourront peut-être pas assurer seuls. L’UFC-Que Choisir a des craintes sur la qualité du service pour certains abonnés mais aussi crainte d’une augmentation des prix liée à des fusions encore potentielles (par exemple Bouygues /free), qui pourrait nous ramener à 3 opérateurs. N’oublions pas qu’en Autriche, le retour à trois opérateurs a fait bondir les prix de 10 %.

Est-il possible d’éviter cela ?

Oui, si l’ARCEP (autorité de régulation des communications) et l’Autorité de la concurrence, permettent aux opérateurs de réseau virtuels (Virgin mobil, énergie mobil, etc.) qui n’ont pas de réseau propre, de prendre une place plus importante pour dynamiser la concurrence, en faisant baisser les tarifs d’accès aux réseaux qui leur sont imposés par les gros opérateurs.
Ces autorités peuvent aussi intervenir pour fixer aux grands opérateurs des critères de qualité de service minimal pour le consommateur (par exemple réelle couverture 4G).

Retrouver l’étude de l’UFC-Que Choisir sur UFC-Que Choisir.org, [button text=’ Texte du bouton ‘ url=’ http://www.quechoisir.org/telecom-multimedia/telephonie/etude-concurrence-dans-la-telephonie-mobile-un-bilan-sans-appel-la-ligne-consumeriste-ne-doit-pas-etre-coupee ‘]

Evelyne Gaubert, Présidente

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